Chez TotalEnergies, le granulé coûte moins cher que la bûche à chaleur égale. Ce n’est pas une impression : l’enseigne publie un prix au kilo et un pouvoir calorifique pour chacun de ses deux produits, et le calcul tient en deux lignes.
Reste l’autre moitié du sujet. TotalEnergies ne coupe pas de bois et ne conduit pas les camions : la marque est nationale, les distributeurs sont régionaux, et c’est là que les avis clients se séparent.
Deux produits, deux fiches techniques
Les bûches Premium sont annoncées en 100 % feuillus durs, chêne, charme et hêtre, en 25, 30 ou 40 cm. Humidité de 10 à 20 %, PCI de 3,9 à 4,2 kWh/kg, cendres plafonnées à 1,5 %, bois séché, brossé et partiellement écorcé, filmé en ballots sur palette. L’enseigne revendique la certification NF groupe H1G1, et le prix catalogue part de 320 € TTC la palette, soit 0,52 €/kg hors livraison.
Les Pellets Premium jouent dans une autre catégorie de précision. Sciures et plaquettes de scieries, 100 % résineux, 6 mm, humidité annoncée sous les 8 % quand la norme en tolère 10, cendres sous 0,7 %, masse volumique de 630 à 720 kg/m³, PCI de 4,8 à 5,3 kWh/kg. Les sacs de 15 kg sont regroupés par 66, soit environ 990 kg la palette, et le sac est affiché à 6,59 €, soit 0,44 €/kg. Le vrac existe à part, autour de 453 € la tonne.
Ces sigles ne garantissent pas la même chose : NF H1G1 engage sur l’humidité et la dureté d’une bûche, DINplus et ENplus sur une granulométrie et des contrôles de lot. Nos repères sur ce que garantissent vraiment les certifications du bois et des granulés évitent de les lire comme un label unique.
Le prix ramené au kilowattheure de chaleur
Comparer un prix au kilo et un prix au stère n’a aucun sens. Le seul terrain commun est le kilowattheure restitué dans la pièce, c’est-à-dire le PCI multiplié par le rendement de l’appareil. Voici le calcul, avec à chaque fois le PCI bas de la fourchette annoncée.
| Combustible | Prix retenu | Énergie et rendement | Coût du kWh de chaleur |
|---|---|---|---|
| Pellets Premium en sac de 15 kg | 0,44 €/kg | 4,8 kWh/kg, poêle à 90 % | 10,2 centimes |
| Pellets, moyenne nationale publiée | 0,46 €/kg (palette à 456 €) | 4,8 kWh/kg, poêle à 90 % | 10,7 centimes |
| Bûches Premium, prix catalogue | 0,52 €/kg | 4,0 kWh/kg, poêle à 75 % | 17,3 centimes |
| Bûches Premium chez un revendeur | 0,40 €/kg | 4,0 kWh/kg, poêle à 75 % | 13,3 centimes |
| Bûches sèches d’un négoce local | 102 € le stère | 1 800 kWh, poêle à 75 % | 7,6 centimes |
Les pellets de l’enseigne sont dans le marché, et même sous sa propre moyenne nationale de 7,02 € le sac. Les bûches sortent à 17,3 centimes le kWh de chaleur contre 10,2 centimes pour le granulé de la même marque, et plus du double d’un bois sec de négoce. Nos relevés sur le prix du stère région par région situent la moyenne entre 92 et 117 € : l’écart ne vient pas d’un point de comparaison flatteur.
Le 0,52 €/kg est le tarif catalogue : la même palette se trouve chez des revendeurs à 349 € pour 2,60 stères annoncés à 868 kg, soit 0,40 €/kg. L’écart se resserre, sans s’effacer.
Ce que disent les utilisateurs
Sur la plateforme d’avis sollicités après commande, la note atteint 4,5 sur 5 pour 4 113 avis vérifiés sur vingt-quatre mois. Sur Trustpilot, où personne n’invite le client à s’exprimer, elle tombe à 3,2 sur 5 pour 185 avis, avec 60 % de notes à une étoile. L’enseigne répond à 89 % de ces avis négatifs, souvent dans le mois.
Les éloges sont constants sur trois points : la commande en ligne, décrite comme bouclée en cinq minutes et assortie de facilités de paiement, les chauffeurs, salués pour leur amabilité et pour la palette posée au plus près du stockage, et la prise de rendez-vous téléphonique. Plusieurs acheteurs notent aussi que la qualité des sacs de granulés s’est améliorée au fil des saisons.
Les reproches, eux, visent trois maillons. Le délai : un acheteur décrit une commande du 10 octobre livrée le 20 novembre, un autre un créneau refusé à quinze jours de préavis faute de place. Les frais : plusieurs regrettent de ne pas voir le coût de livraison avant de valider le panier, et un cas fait état d’une soixantaine d’euros de supplément pour descendre la palette jusqu’à la rue. Le produit enfin, avec une régularité jugée inégale d’un lot de granulés à l’autre, des sacs mélangeant des longueurs très différentes, de la poussière, et des granulés trop longs qui bloquent la vis sans fin. S’y ajoute une palette laissée à l’entrée du garage alors qu’elle entrait les années précédentes : les camions ne portent plus de transpalette et travaillent au chariot élévateur.
La vraie variable n’est pas la marque mais le distributeur régional qui sert votre code postal : les dépôts notés individuellement sur les cartes affichent 4,7 sur 5 sur 46 avis pour l’un, 4,4 sur 5 sur 48 avis pour un autre.
Le maillon régional, et ce qu’il impose chez vous
Une marque nationale, des distributeurs régionaux qui facturent, stockent et livrent : d’où la couverture de toute la France, et la variabilité des retours d’un département à l’autre.
Les contraintes de livraison, elles, sont publiées et valent partout. Une palette de granulés mesure 120 par 100 cm pour environ 990 kg. Le camion fait de 19 à 44 tonnes. Le chariot élévateur embarqué pèse jusqu’à 1 700 kg et mesure 2 m de large, ce qui exclut les chemins étroits et les sols qui ne portent pas cette charge. Le dénivelé doit rester sous 10 %, sinon la palette s’arrête à la limite de propriété. Et le délai moyen annoncé est d’environ trois semaines, ce qui disqualifie l’achat de dernière minute en pleine vague de froid.
Le vrac ajoute ses propres règles : silo aéré quinze minutes et appareil éteint, camion souffleur à 30 m maximum des bouches, présence du client pendant les quarante-cinq minutes de l’opération.
Le livreur décide seul du point de déchargement final, et le chariot élévateur ne remplace pas un transpalette : mesurez la largeur utile, la pente et la portance du sol avant de payer, et considérez que la palette s’arrêtera au portail. Les repères pour préparer l’accès avant une livraison de bois s’appliquent mot pour mot ici.
Le verdict de la rédaction
Précision de méthode : nous n’avons commandé ni palette ni sac. Ce qui suit découle des fiches techniques publiées et de la synthèse des avis clients accessibles.
Les granulés méritent la commande, à une condition : vérifier le prix au panier pour votre code postal, car c’est lui qui décide et pas la moyenne nationale. À 0,44 €/kg et 10,2 centimes le kilowattheure de chaleur, fiche technique et prix se tiennent. Le retrait en point relais dépanne sans attendre trois semaines, et la régularité de lot reste le seul vrai point de vigilance.
Les bûches ne se défendent que par défaut. Le produit est bon et la certification sérieuse, mais à 0,52 €/kg le kilowattheure de chaleur coûte plus cher qu’au gaz naturel, résultat rare pour du bois. L’offre garde du sens pour qui n’a aucun fournisseur local correct ou ne peut transporter une demi-tonne. Elle en perd tout si un négoce du secteur livre du chêne sec à 100 € le stère.
Reste la règle qui vaut pour toute enseigne nationale : la marque sur le sac dit la qualité du produit, pas celle du service. Celle-là se joue au dépôt voisin, et se vérifie dans les avis de ce dépôt, pas dans la note du groupe.
Les questions qu’on nous pose le plus
La note de 4,5 sur 5 est-elle crédible ? Elle est exacte, mais elle ne mesure pas ce qu’on croit. Une sollicitation systématique après commande décrit l’expérience moyenne. Une plateforme ouverte attire surtout celui dont la livraison a dérapé, d’où les 3,2 sur 5. Les deux se lisent ensemble : la première donne le niveau, la seconde dit où ça casse, ici le délai et l’accès.
Peut-on payer moins cher en commandant au bon moment ? C’est le seul levier qui reste une fois l’enseigne choisie. Le prix du granulé creuse en fin de printemps et remonte dès septembre, avec 15 à 25 % d’écart sur l’année. Trois semaines de délai annoncé plaident pour juin plutôt que novembre.
Le bois en sac dispense-t-il d’un abri ? Non. Le film protège pendant le transport, pas pendant six mois dehors : il retient la condensation au lieu de la laisser partir. Une palette abandonnée sous la pluie voit son bois repasser au-dessus de 20 % d’humidité, ce qui annule l’intérêt d’avoir payé du séché. Les ballots s’ouvrent et se rangent sous un abri ventilé.



